Tendance Culture

TIC


Jusqu’où ira Microsoft ? Jusqu’où iront nos Etats ?.

Microsoft

Jusqu’où ira Microsoft ? Jusqu’où iront nos Etats ?.

La multinationale américaine, première mondiale dans le domaine des TIC, a un regain d’intérêt pour le continent africain. Officiellement, elle est là pour aider les gouvernements à booster le développement par une appropriation des TIC. Microsoft est l’organisatrice en chef du forum de Ouagadougou sur les meilleures pratiques en matière de TIC. Mais jusqu’où ira ce géant de l’industrie des TIC dans ses actions pour le développement du continent ?

Microsoft de Steve Ballmer cherche des marchés sur le continent. Les dirigeants africains à l’image de Blaise COMPAORE, cherchent des voies pour le développement. Jusqu’où ira Microsoft ? Jusqu’où iront nos gouvernants ?

Microsoft est et reste avant tout un commerçant. Et en tant que tel, la recherche du profit est la seule lumière qui guide ses actions, ses interventions. Ce qui ne peut et ne doit être occulté par personne, surtout pas par les dirigeants du continent. D’ailleurs, Steve BALLMER ci-devant PDG de Microsoft en Afrique a dit des propos sans équivoque qui attestent de cette réalité lorsqu’il soutient : «L’Afrique est un marché extrêmement important pour Microsoft aujourd’hui. Ainsi, lorsque l’on parle des pays émergents en évoquant des groupes tel que Microsoft, on songe au Brésil, à la Russie, à l’Inde, et à la Chine. Or les statistiques pourraient vous surprendre. En effet, l’an passé, le chiffre d’affaire que nous avons réalisé en Afrique, était effectivement supérieur à celui enregistré en Inde et en Chine. Depuis 2005, notre croissance moyenne en Afrique a atteint près de 20%». C’est donc clair. Ce n’est pas la façon de l’Abbé Pierre (Paix à son âme) que Steve BALLMER s’intéresse à l’Afrique, mais bien parce qu’il y a des devises à prendre. Il ne faut donc pas, attendre de ce groupe, des investissements faramineux. Car comme tout bon commerçant, il va investir peu, pour amasser beaucoup. Il appartient donc à nos responsables politiques au plus haut niveau à travailler à ce que ce partenariat soit gagnant gagnant. Il faut que les meilleures pratiques qui ont été identifiées au cours des deux derniers forums puissent permettre au continent de poser les bases d’un développement durable. Le partenariat avec Microsoft permet à l’Afrique de gagner en temps parce qu’on traite avec des professionnels qui ont un certain potentiel qui est connu et pour lequel, il n’y a pas de surprise. Et comme le dit le ministre congolais des PTIC, M. MOUNGAWA, « la contrepartie c’est d’obtenir de la part d’un certain nombre d’Etats africains, un certain nombre d’engagements. D’abord juridiques, sur la protection de leurs propriétés intellectuelles, c’est cas même un fabriquant de logiciel et il faut le souligner, et deuxièmement, c’est aussi la possibilité pour eux de participer à l’élaboration de ce fameux cyber gouvernement, qui doit être demain, la matrice autour de laquelle nous allons moderniser nos Etats». Et c’est là que la vigilance des Etats doit être de mise, afin de ne pas prendre des engagements qui feraient de Microsoft le seul dépositaire des TIC sur le continent. Et à y voir de près, Microsoft cherche à avoir son pré carré, donc à asseoir son monopole. Jusqu’où iront nos dirigeants dans les engagements qu’ils vont signer ? Pour l’heure on a annoncé un accord de partenariat entre la multinationale et le ministère en charge des Enseignements secondaire et supérieur burkinabè. Accord qui a conduit à la donation de 50 PC au lycée Philippe Zinda KABORE. Le nouvel accord prévoit la mise à disposition par Microsoft, de solutions informatiques adaptées, abordables et accessibles à des lycéens. Microsoft et Intel ont fourni aux élèves du lycée Philippe Zinda KABORE de Ouagadougou des logiciels Windows installés sur 50 PC équipés de processeurs Intel dans le cadre d’un projet éducatif pilote. Que donne le Burkina en retour ? Mystère et boule de gomme, car les termes de l’accord ne spécifient rien à ce niveau.


02/05/2008
0 Poster un commentaire

M Thierry MOUNGAWA, ministre congolais des Postes et TIC/«Toutes les conditions sont réunies pour attirer les investisseurs au Congo»

M Thierry MOUNGAWA, ministre congolais des Postes et TIC
«Toutes les conditions sont réunies pour attirer les investisseurs au Congo»

Présent au Burkina dans le cadre du forum des meilleures pratiques en matières des TIC organisé par le Burkina, Microsoft et l’Union européenne, le ministre congolais des postes et TIC malgré son calendrier très chargé a daigné répondre à nos questions. C’est un ministre, jeune, calme, discret, attentif, ouvert, très alerte sur les questions des TIC, qui nous a reçu à son hôtel. Dans cet entretien, M. MOUNGAWA parle du projet qu’il porte pour son pays en matière des TIC, de l’importance du forum de Ouagadougou, etc.

Que retenez-vous du forum de Ouagadougou sur les meilleures pratiques en matière de TIC ?
M. Thierry MOUNGAWA (T.M) :
Quand vous réunissez sur un plateau unique les représentants de gouvernements, les opérateurs privés et publics, les partenaires au développement, les organisations internationales et celles de la société civile, vous avez là le panel complet de tous ceux qui peuvent enrichir de par leurs contributions, la problématique du développement des TIC en Afrique. C’est vous dire donc que, que ce soit sur le plan organisationnel, de forme comme dans le fond avec les débats, le forum est une réussite.

Quelle expérience votre pays a-t-il apportée et veut partager avec les autres ?
T.M :
Nous n’avons pas de manière formelle apporté une expérience, puisque vous avez vu que dans le programme un certain nombre de pays ont été ciblés et ont été prévus. Simplement, je ne peux que évoquer, en terme d’expérience, le fait que mon pays le Congo, courant 2007 a organisé les élections législatives et que dans ce cadre-là nous avons mis en place un embryon que moi je qualifie de e-gouverment, dans la mesure où nous avons pu développer une collecte de données notamment en matière électorale, à l’intérieur de notre pays avec l’utilisation des outils comme Internet, et l’utilisation d’un outil en intranet téléphonique quasiment. Ce qui aujourd’hui va nous servir de base de travail, pour le développement demain de notre outil de communication intra gouvernemental si cette expérience peut être capitalisée pour nous, comme une bonne pratique en matière d’utilisation des TIC.

Vous venez de parler développement ; à quel niveau se situe votre pays en matière de vulgarisation des TIC ?
T.M :
Nous sommes, à l’instar de la plupart des pays africains, confrontés à une réalité, c’est que tout est à faire. D’abord en terme d’infrastructures, ensuite en terme de contenu, et enfin en terme de cadre juridique. Bien sûr ces trois points là nous travaillons d’arrache-pied pour nous situer à la hauteur des défis qui sont les nôtres. Les infrastructures, nous sommes en train de les moderniser, à l’image de ce que vous êtes en train de faire ici au Burkina avec la fibre optique. Et bien, nous utilisons les mêmes procédés. Les conditions juridiques sont en train d’être redéfinies, avec un cadre juridique conforme aux standards internationaux, notamment par la prise en compte du partenariat public/privé. Enfin, sur le plan des contenus, l’utilité de ces genres de forums c’est de nous permettre d’anticiper sur l’arrivée des infrastructures et de l’outil pour que nous puissions, avec tous les partenaires opérationnels qui existent, commencer à réfléchir sur l’étape suivante qui est celle de la détermination des services utiles et accessibles à nos populations à travers ces contenus-là.

Si Microsoft veut intervenir dans votre pays, quel domaine ou quel secteur leur conseilleriez-vous ?
T.M :
Nous sommes déjà en discussion avancée avec Microsoft, et je réserve à nos interlocuteurs le fond des préoccupations qui sont les nôtres en tant que gouvernement. Simplement, il n’y a pas de secret. Nous savons tous quels sont les domaines d’activités de Microsoft, il ne s’agit pas pour nous de demander à Microsoft des équipements lourds de type fibre puisque ce n’est pas leur métier, il s’agira pour eux de nous fournir des services qui sont en rapport avec leurs domaines d’intervention. Nous sommes en discussion à la fois fertile et avancée avec eux.

Nous savons tous que Microsoft est avant tout un commerçant. Est-ce que vous croyiez, vous en tant que responsable africain à ce regain d’intérêt que ce commerçant a pour notre continent?
T.M :
Je crois qu’il faut que nous puissions noter que pour nos amis de Microsoft dans leur conception anglo-saxonne qui estpragmatique, c’est de rechercher des accords gagnant gagnant, «win-win». Mais nous, qu’est-ce que nous avons à gagner d’un partenariat ? C’est gagner d’abord du temps parce que ce sont des professionnels qui ont un modus opérandis qui est connu et pour lequel il n’y a pas de surprise. Gagner du temps c’est aussi avoir accès à des outils performants, c’est quand même le premier fournisseur d’un certain nombre de services multimédias au monde. Et du point de vue de Microsoft il est évident que, et c’est pour cela que je parle d’un partenariat gagnant gagnant, la contrepartie c’est d’obtenir de la part d’un certain nombre d’Etats africains, un certain nombre d’engagements. D’abord juridiques sur la protection de leurs propriétés intellectuelles, c’est quand même un fabriquant de logiciels et il faut le souligner, et deuxièmement, c’est aussi la possibilité pour eux de participer à l’élaboration de ce fameux cyber gouvernement, qui doit être demain, la matrice autour de laquelle nous allons moderniser nos Etats. C’est ça l’accord gagnant gagnant.

Votre pays est –il politiquement stable pour attirer, monsieur le ministre, des investisseurs ?

T.M : Pour attirer des investisseurs, il faut deux conditions. La première, c’est un code des investissements qui soit incitatif. Notre code des investissements est incitatif, fortement incitatif. La deuxième chose c’est la condition de stabilité politique. Et je crois qu’il n’est un secret pour personne que sous la férule de Son Excellence monsieur Denis Sassou NGESSO, président de la République du Congo, nous avons une stabilité politique, une stabilité qui permet aux affaires de se développer dans un climat serein et apaisé. J’invite tous les investisseurs du secteur des TIC, à prendre attache avec nous puisque mon département est le point focal autour du quel est la porte d’entrée et à partir de laquelle vont se développer l’ensemble des politiques et des initiatives liées au TIC.

Monsieur le ministre est-il à son premier séjour au Burkina ?
T.M :
Je suis à mon second séjour au Burkina. Mon premier séjour je l’avais fait mais à l’époque je n’étais pas ministre mais conseiller spécial du chef de l’Etat. Et j’avais eu l’honneur de représenter dans la délégation congolaise, la composanteprésidence de la République, au cours d’un sommet spécial de l’Union africaine qui avait été convoqué par le président du Faso Son Excellence Blaise COMPAORE, en septembre 2004 avec pour thème central l’emploi des jeunes.

Comment trouvez-vous ce pays à votre second séjour ?
T.M :
Alors d’abord, que ce soit la première ou la deuxième visite, je constate toujours la même chose : un pays organisé, qui sait optimiser ses ressources humaines et matérielles. Un pays où l’espace est utilisé de manière pragmatique. J’ai noté et ça c’est un point très important, que Ouaga 2000 que j’avais visité à l’état d’ébauche, il y a trois ans et demi, est devenu aujourd’hui une véritable cité dans la cité. Je félicite et j’encourage les autorités du Faso, qui sont en train de remodeler le paysage de votre ville-capitale.o

Par Frédéric ILBOUDO


02/05/2008
0 Poster un commentaire

Joachim Tankoano, ministre des Postes et des Technologies de l’information et de la communication

IVe édition de la SNI. Joachim Tankoano, ministre des Postes et des Technologies de l’information et de la communication

«Nous voulons que l’Internet devienne un outil de masse»

A l’orée de la IVe édition de la Semaine nationale de l’Internet, le ministère des Postes et des Technologies de l’information et de la communication s’active. Le ministre Joachim Tankoano pense que son institution est fin prête. Dans cet entretien, il le confirme et brosse quelques projets à venir pour dynamiser le secteur des TIC au Burkina Faso.

Sidwaya (S.) : La IVe édition de la SNI, c’est dans quelques jours. M. le Ministre faites-nous le point des préparatifs?

Joachim Tankoano (J.T.) : Au vu des préparatifs, les choses avancent assez bien, comparativement aux autres éditions. L’objectif de cette SNI est de faire en sorte que le maximum de Burkinabè puissent découvrir l’Internet, afin que ces outils deviennent des outils de masse qui puissent contribuer à renforcer les capacités des uns et des autres, à mieux réaliser leurs ambitions dans la vie de tous les jours. Au départ, cela

Selon le ministre Joachim Tankoano, la mise en place de la fibre optique sous régionale permettra le boom des TIC au Burkina Faso.

paraissait un peu difficile étant entendu que quand nous avons démarré cet événement, l’Internet n’était qu’à Ouaga et un peu à Bobo. Aujourd’hui, la situation a beaucoup changé. Il y a quelques localités sur le plan national qui ont désormais accès à l’Internet. En termes d’accès, les opérateurs mobiles se sont mis également dans la danse en lançant notamment des technologies comme le «GPRS»  qui permet d’avoir accès à l’Internet à travers un téléphone mobile. Cette technologie est utilisée aujourd’hui sur toute la partie Ouest du pays et très prochainement dans l’autre moitié du territoire national. Par ailleurs, l’ONATEL vient de lancer un nouveau service dans le cadre de son offre de services sur le téléphone fixe qui permet d’accéder à l’Internet. C’est une technologie qui permet d’accéder à l’Internet facilement à Ouaga et à Bobo et aussi dans les villages où peut-être il n’y a pas d’école, pas de route etc... L’intérêt est que l’Internet puisse devancer toutes ces infrastructures de base qui sont essentielles pour le développement.

S. : Quelles sont les innovations majeures attendues à cette IVe édition de la SNI?

J.T. : On ne peut pas parler d’innovations en tant que telles parce que c’est un événement qui se poursuit dans la continuité. Etant donné que les éditions précédentes ont porté fruit, les efforts vont se focaliser sur les mêmes types d’événement, notamment sur les campagnes de sensibilisation qui permettront de toucher le plus grand nombre de personnes sur l’ensemble du territoire national. Il y aura aussi des ateliers qui vont permettre aux uns et aux autres de se pencher sur des questions liées aux TIC. Un débat télévisé, un salon d’expositions seraient l’occasion pour les professionnels de faire découvrir leur savoir-faire et de nouvelles solutions technologiques. Enfin, la nuit du web qui est une soirée de gala qui clôture la semaine en beauté. C’est l’occasion de faire découvrir les efforts des uns et des autres en termes de développement de contenus, en termes de développement de systèmes.

S. : Au cours de cette édition de la SNI, il y aura le forum. Quels sont les thèmes qui seront abordés?

J.T. : Le forum est un événement important en lui-même. Les deux événements sont organisés en même temps pour créer une synergie entre eux. Ce forum est organisé conjointement par Microsoft, le gouvernement avec l’appui de partenaires. Le but de ce forum est de favoriser le partage des bonnes pratiques. On a pu constater à travers ce forum que de nombreuses initiatives ont été menées un peu partout à travers le continent. Des initiatives qu’on peut qualifier de réussies. Si on pouvait dans un seul pays concentrer l’ensemble de ces expériences réussies, il est évident que ce serait un pays bien branché qui tirerait un grand profit de ces technologies. Il ne sert à rien d’inventer la roue. On peut en regardant ce qui a bien marché chez le voisin, aller plus vite dans ce que l’on veut faire soi-même.

S. : Après le sommet de Kigali, l’Afrique a procédé au lancement du premier satellite. Où en êtes-vous avec son exploitation?

J.T.. : Je dois reconnaître que ce projet, dans sa conception très originale a suscité beaucoup d’espoirs pour tout le continent. Mais, il s’est en définitive, mal déroulé dans la mesure où le gaz qui devait servir au fonctionnement du satellite s’est en grande partie évaporé. La durée de vie du satellite a été fortement réduite. Cela remet du coup, en cause tout l’intérêt de ce projet. C’est une grande déception pour tout le continent au regard du temps que ce projet a pris pour arriver au résultat auquel nous assistons aujourd’hui. Du fait que c’était une opération entourée d’un certain nombre de garanties, le satellite va être reconstruit et relancé. Mais, on aura perdu au moins deux (2) ans.

S. : On a remarqué que lors des précédentes éditions de la SNI, le citoyen Lambda avait du mal à avoir une connexion fluide. Est-ce que pour cette édition, des mesures seront prises pour pallier cette insuffisance?

J.T. : Le problème de la connectivité est un processus. Au départ lorsqu’on a lancé l’Internet, le débit global était de 128 kilobits pour tout le pays. Aujourd’hui, si vous donnez 128 kilobits à un utilisateur, cela devient largement insuffisant pour lui. Actuellement, nous avons un débit de plus de 350 mégabits. Ce sont des avancées très importantes dans ce domaine. Mais une fois que vous avez cette connectivité internationale, il faut d’abord la sécuriser. Actuellement, elle n’est pas sécurisée et chaque fois qu’il y a un incident qui intervient, cela crée une indisponibilité entraînant une réduction de la bande passante avec comme conséquence la difficulté des usagers à naviguer. Ensuite, il faut être à mesure de pouvoir répartir ce débit au niveau des usagers. C’est un peu comme si vous construisez un grand boulevard pour permettre aux véhicules de se déplacer et que maintenant quand on quitte ce boulevard pour aller dans une autre direction, on se retrouve sur des chantiers très étroits. Donc, en plus du boulevard, il faut pouvoir construire des artères assez fluides pour permettre à l’information de pouvoir atteindre les utilisateurs finaux. C’est «Internet large bande». Pour le moment, cette technologie est offerte à travers l’ADSL pour permettre aux usagers de pouvoir accéder à l’Internet avec un débit assez confortable. A ce jour, on compte près de 7 000 usagers qui bénéficient de cette technologie. On devra s’attendre très prochainement à ce qu’il y ait plus d’usagers qui auront accès à l’Internet haut débit. Par ailleurs, au niveau de l’administration, on a mis en place un réseau qui n’a rien à envier à ce que l’on dit performant. C’est un réseau à très haut débit. Ce réseau couvre pratiquement tout Ouaga. Il combine la fibre optique et la technologie Wimax. C’est une sorte d’ADSL sans fil qui permet de raccorder les sites isolés. Aujourd’hui, il y a beaucoup de sites isolés. Des écoles, des formations sanitaires, des mairies (etc). Avec ce réseau, le débit qu’on utilise est pratiquement illimité. On peut donc considérer qu’à Ouagadougou, l’administration dispose d’une bonne connectivité.

S. : Il y a eu depuis quelques années, la libéralisation de l’accès à l’Internet au niveau des opérateurs. Mais cela tarde à être concrétisé. Qu’est-ce qui explique cet état de fait?

J.T. : C’est un secteur libéralisé. Mais, je dois reconnaître que les textes qui régissent ce secteur aujourd’hui demandent à être améliorés. Nous sommes en train d’y travailler. Il y a une nouvelle loi qui va permettre de créer un environnement plus favorable à la libération. Toutes les barrières à l’entrée du secteur vont être levées. La réglementation va favoriser la convergence des réseaux et des services. Cela va permettre aux opérateurs de mettre en place des réseaux à des coûts plus faibles et à services multiples. Par exemple, que l’utilisateur avec un même numéro puisse avoir accès au téléphone, à l’Internet, à la télévision numérique... Ensuite, nous allons travailler à définir une nouvelle stratégie de promotion du secteur. On va redéfinir les différents types d’autorisations qu’on peut accorder aux opérateurs de manière à inciter le développement de nouveaux services.

S. : Est-ce que le ministère est fin prêt pour la IVe édition de la SNI?

J.T. : Au vu de l’état des choses actuellement, je peux vous rassurer que le ministère est fin prêt pour le démarrage des activités de la 4e édition
de la SNI.

Entretien réalisé par
Daouda Emile OUEDRAOG


17/04/2008
0 Poster un commentaire

WWW.faso-dev.net/Le portail des initiatives de développement au Burkina Faso

 

Le portail des initiatives de développement au Burkina Faso

 

Le jeudi 3 avril 2008 a été lancé à la chambre de Commerce, le site portail des initiatives de développement au Burkina Faso. C’était en présence du S.G du ministère des Postes et des Technologies de l’information et de la Communication, des acteurs de la société civile, et autres.

 

Le portail Faso-dev est une initiative de l’Association Yam Pukri en partenariat avec la Fondation Gateway pour le développement. Le site permet aux individus, aux organisations, à la société civile, aux décideurs ainsi qu’à tous ceux qui s’intéressent aux questions de développement, d’avoir accès à des informations sur les actions de développement au Burkina Faso.

M Sylvestre Ouédraogo, coordonnateur du programme faso-dev.

 

Des informations qui sensibilisent et qui permettent de défendre les intérêts et d’enrichir le processus décisionnel en matière de développement. Faso-dev offre également au monde du développement, un cadre de diffusion, de promotion et de partage d’expériences sur les initiatives de développement au plan local. «Ce portail pays sur le développement entre en droite ligne de la cyber stratégie nationale que nous sommes en train de mettre en œuvre. D’ores et déjà, toutes les institutions nationales et les ministères ont leurs propres sites web ; ce qui améliore l’efficacité de l’administration. Ce site portail est une vitrine qui contribuera à montrer à la face du monde, le Burkina Faso qui bouge, le Burkina Faso qui va de l’avant. Il se veut également le reflet des efforts que des Burkinabè et des amis du Burkina font quotidiennement pour améliorer les conditions de vie de nos populations», dira M. Lamoussa OUALBEOGO, secrétaire général du M.PTIC. La question du développement comme on le sait, est un sujet d’actualité. Le site portail offre aux associations, ONG et institutions, l’opportunité d’avoir accès à des informations spécifiques et fiables sur les axes du développement du Burkina. Il permet également de faire connaître les initiatives de ces derniers en faveur du développement au niveau national et international. Pour les populations, le site portail offre à tout intervenant ayant besoin d’informations sur les axes de développement d’y puiser sans restriction aucune. Il représente pour le gouvernement un canal pour la visibilité des actions de développement et une meilleure compréhension du tissu de la société civile dans ses efforts multiples de développement. L’Association Yam Pukri n’est pas à son premier coup d’essai. Dans le domaine des TIC, elle reste une référence incontestable et dans la vulgarisation des TIC, et dans la promotion par la formation, etc. Pour le coordonnateur du programme Faso-dev et premier responsable de l’association, M. Sylvestre OUEDRAOGO : «C’est au vu des retombées et des avantages du site portail sur les TIC que la fondation Gateway pour le développement a jugé nécessaire de nous soutenir pour mettre en ligne le portail sur les initiatives de développement Faso-dev. »

Pour faire connaître vos initiatives de développement, rien de plus simple, il vous suffit d’envoyer les informations sur vos initiatives de développement par courriel à info@faso-dev.net. «Nous devons travailler à ce que, toute personne qui rentre dans un site web du Burkina, qu’il soit «premier» au Burkina Faso. Il nous faut travailler à fédérer les sites burkinabè au lieu que chacun gère un bout de site qui ne nous avance en rien», dira M. Sylvestre OUEDRAOGO. Une affirmation que repose l’éternelle question du partage de l’information sur la toile mondiale. La notoriété de Yamp Pukri et de ses initiatives propres dans le domaine de la réalisation et la gestion des sites portails depuis 2000 est vérifiable. Avec Faso-dev, Yam-Pukri donne encore à notre pays, une plus value à exploiter sans modération. Pour l’heure, en matière de visite sur le site, c’est la France, qui vient en tête, suivie de la Suisse. Le Burkina vient en 6e position ce qui n’est pas reluisant pour un site qui fait la promotion du Burkina et de ses potentialités. La tendance doit être inversée.


09/04/2008
0 Poster un commentaire

M. Christophe OULE responsable de l’unité informatique de l’ABPAM

M. Christophe  OULE responsable de l’unité informatique de l’ABPAM

 

« L’informatique adaptée ouvre beaucoup d’horizons aux déficients visuels ».

M. Christophe OULE est-ce qu’on peut l’appeler l’homme phénix qui renaît de ses cendres ? Dans la vie professionnelle, il était ingénieur génie civil bâtiment. Aujourd’hui ; il est responsable de l’unité informatique de l’ABPAM. Son parcours démontre sa force mentale et sa détermination à affronter  les aléas de la vie.  Mais il a été frappé par une maladie qui lui a ôté la vue à l’apogée de son entreprise. Malgré tout il a refusé de baisser les bras. Nous l’avons rencontré à l’ABPAM, il nous parle de sa vie et de son travail. Lisez plutôt !  

 

 

Qui est M. OULE ?

Je suis né il y a 48 ans quelque part dans l’Ouest  du Burkina dans un  village appelé Yaba. J’ai fait mon école primaire et secondaire à Bobo au collège de Tounouma. J’ai eu le BAC en 1980. J’ai fait mes études supérieures à l’Ecole supérieure des travaux publics de Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. J’ai eu mon diplôme d’ingénieur en bâtiment en 1984. De retour au pays et après le service national populaire, j’ai été recruté à Burkina & Shell où j’ai occupé le poste d’assistant exploitation. Par la suite, j’ai été chef du département exploitation, où je m’occupais du suivi des travaux de construction des stations, en passant par la conception des plans des stations. J’avais également la responsabilité du transport, de la sécurité, de l’importation des lubrifiants, et de leur distribution pour des sociétés comme la SONABEL et autres. De ce fait, j’étais en relation avec les autres sociétés pétrolières, le bureau des mines du Burkina, la SONABHY.  Présentement, je suis chargé de la formation à l’unité informatique à l’ABPAM.

 

Vous n’êtes donc pas né aveugle ? Qu’est-ce qui s’est passé alors ?

Il faut dire qu’entre temps j’ai quitté Burkina & Shell pour m’installer à mon propre compte. J’ai créé une entreprise qui a eu du mal à prendre. C’est quand l’entreprise a commencé à décoller que j’ai eu des problèmes de vision.  C’est une infection que j’ai eue aux yeux, on a essayé de traiter en vain. A la limite on n’a pas su exactement déterminer la cause de mon mal et ce jusqu’aujourd’hui.  La vue a commencé à baisser en début 2003 et en fin 2003 je l’ai complètement perdu.

 

 

 

 

Comment avez-vous vécu la situation ?

Il faut dire que la reconversion n’a pas été du tout facile. Elle commence déjà au niveau de la famille. Ma famille m’a donné une confiance qui m’a permis de surmonter cette situation et surtout pour ne pas me laisser abattre  parce que c’est d’abord un combat personnel. Il faut  lutter pour se réadapter à sa nouvelle vie. C’est ceux qui sont autour de vous qui vous tiennent et qui vous permettent de vous battre. J’ai eu assez de soutien  de ma femme qui m’a soutenu à bout de bras. Elle n’était pas du tout d’accord de me voir assis parce que j’avais une activité professionnelle très intense. Elle a pris des contacts et  c’est là que nous sommes venus à l’ABPAM pour avoir un entretien avec le regretté Dr DIARRA.

 

Alors vous arrivez à L’ABPAM en 2004 et ensuite ?

Je suis arrivé à L’ABPAM précisément en mars 2004  pour m’initier au braille qui est l’écriture des aveugles. Il faut apprendre à reconnaître les points parce que le braille c’est 6 points, et tout l’alphabet est articulé autour de ces 6 points. Il fallait apprendre cela et apprendre à lire couramment. C’est ce que j’ai fait en 2004 et 2005 j’avais pratiquement fini.

 

Alors du braille aujourd’hui vous maîtrisez les TIC, comment s’est faite cette mutation ?

Cela est arrivé fortuitement. Je dis fortuitement parce que ce n’était pas prévu. Je venais depuis mon arrivée ici donner un coup de main au niveau de  l’école, pour enseigner le braille aux enfants qui venaient de perdre la vue au niveau de l’école primaire, ceux qui sont déjà à l’école et qui perdent la vue, il faut qu’ils viennent se réadapter et apprendre le braille pour se remettre dans le circuit scolaire en faisant de braille.  Et c’est pendant cette période qu’il y a eu l’opportunité d’une formation en informatique, on m’a testé et on a vu que j’avais les capacités, et c’est comme ça que je suis allé en France suivre cette formation en informatique adaptée. On a d’abord eu une préformation sur place ici, un contact avec l’outil informatique. Quand on parle d’informatique, c’est surtout des graphiques, on voit des icônes au niveau de l’écran, on prend la souris et cliquer ici et là, mais pour quelqu’un qui ne voit pas ce n’est pas possible à faire. Ceux qui sont venus m’initier utilisent une autre méthode, on n’utilise pas la souris, on utilise les déplacements  avec la flèche, et donc c’est la capacité de mémoriser certaines choses qu’ils ont testé et c’est à partir de là que je suis parti en France pour la formation. La formation s’est faite à l’aide d’un logiciel de synthèse vocale qui permet de capter les informations au niveau de l’unité centrale, les informations qui vont vers l’écran, ça les  capte et ça les renvoie sous forme sonore. C’est dire donc que ce qui apparaît à l’écran est retransmis vocalement. Et comme on n’utilise pas la souris, il faut se déplacer avec les flèches et en plus de ça il faut mémoriser certains raccourcis. Pour accéder à certaines tâches, il y a une combinaison de touches qu’il faut composer pour avoir accès à ces tâches là. 

 

Aujourd’hui, comment vous sentez-vous en tant qu’handicapé visuel maîtrisant l’outil informatique ?

Les TIC ouvrent beaucoup d’horizons aux déficients visuels. Il est établi que celui qui ne maîtrise pas l’outil informatique est un analphabète. Tout est articulé de nos jours autour de l’informatique. J’ai les informations que je veux sur Internet parce que l’on n’a pas toujours le temps pour tout apprendre,  de lire tout dans les livres, c’est dire que quand on sait utiliser l’outil informatique, on peut aller directement chercher l’information que l’on veut au moment que l’on veut. L’informatique adaptée ouvre beaucoup d’horizons aux déficients visuels. Les étudiants aveugles qui doivent prendre leurs cours en braille sachant que, une page écrite en bic va donner trois à quatre pages braille, voyez le volume de papier que ça demande et le temps de travail que ça nécessite pour la transcription de cette page là. L’outil informatique vient comme un raccourci et leur permet d’aller plus vite et d’accéder à beaucoup plus d’informations.   

 

En tant que formateur comment se passe la formation  avec vos stagiaires?

Il faut dire que c’est une formation individualisée, et je ne peux prendre qu’une seule personne à la fois. Cela est dû au fait que pour maîtriser le logiciel de la synthèse vocale, il est difficile de prendre plusieurs personnes à la fois et ça ne sera pas très rentable et pour les apprenants et pour le formateur. Dans la semaine je prends les apprenants à tour de rôle,  et il faut entre 15 à 20 séances selon leur capacité  à assimiler. C’est vous dire qu’au bout de deux mois je forme deux personnes. Il faut dire que l’unité informatique de l’ABPAM est fonctionnelle depuis avril 2007 et à ce jour, j’ai pu former deux personnes qui ont fini leur session et qui sont opérationnelles, il s’agit d’une étudiante en année de maîtrise en droit et d’un étranger en la personne du président de l’association des aveugles du Bénin, qui est psychologue de formation et qui est venu spécialement ici pour se former. Actuellement, j’ai deux autres étudiants en formation qui vont terminer bientôt. La demande  des personnes déficientes visuelles est très forte mais on est limité par le manque de matériel. Pour le moment nous n’avons que deux ordinateurs. Je vais profiter de vos colonnes pour lancer un appel aux autorités, particulièrement le ministre en charge des technologies de l’information et de la communication pour qu’il nous vienne en aide.

Frédéric ILBOUDO


12/03/2008
2 Poster un commentaire


Recherche

Vous recherchez ? :